Démarche artistique
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Mon travail combine des formes performatives et différents médiums selon les projets, et en particulier la sérigraphie, l’édition, l’impression, le son, la vidéo et l’installation. La plupart de ma pratique tourne autour de l’écriture et du langage oral tels qu’ils existent déjà dans la société. Je suis très inspiré-e par la poésie concrète, l’« uncreative writing » (Kenneth Goldsmith), et les arts vivants (musique, danse, théâtre).
Le langage en usage — dans la rue, sur les documents administratifs, dans les articles, les blogs, les réseaux sociaux, les sites commerciaux, ou dans les conversations orales, etc — peut révéler à lui seul beaucoup de choses sur la manière dont les phénomènes politiques contemporains ont des conséquences concrètes sur nos vies quotidiennes.
Je copie / colle / coupe / compose / imprime / lis des mots, des signes, des images, des sons, des rythmes pour questionner des aspects politiques très concrets de nos vies : comment dormons- nous ? Quelles sont nos conditions de travail ? Avons-nous accès au logement ? Comment les inégalités sociales et les déterminismes influencentils nos trajectoires ?
J'aborde ces questions en réutilisant des textes et des écrits issus de différents registres. Ces textes peuvent être lus par un interprète, sérigraphiés sur des objets, devenir la transcription d'un livre ou la voix d'une pièce sonore.
La plupart du temps, je crée des projets basés sur mes expériences réelles que je partage avec d'autres. De l'intérieur, j'observe et j'enquête pour révéler des problèmes en donnant la parole à ceux qui sont rarement entendus.
Dans de nombreux projets, j’ai exploré les questions du travail et des inégalités sociales sous différentes formes. J’ai abordé le déterminisme social (Né·e à Liège...︎︎︎) la dégradation des conditions de travail et les effets du néolibéralisme sur les protections sociales (Les petites mains de la Biennale︎︎︎), le burn-out (Dodo Stamp︎︎︎), la situation précaire des serveuses-artistes menant une double vie entre travail de service mal payé et pratique artistique sous-rémunérée (Paroles de serveuses︎︎︎), ou encore le recrutement de domestiques par des ultra-riches (Bien-être et sécurité en toute discrétion︎︎︎).
Travaillant avec le langage, je m'intéresse à la diversité des textes à travers lesquels nous recherchons des informations : livres, articles, contenus en ligne, publications sur les réseaux sociaux, témoignages. Cette perspective m'amène également à m'interroger sur le phénomène de “fake news” et la circulation de l'information à l'ère de la post-vérité. Mon livre Parasites︎︎︎, qui m'a demandé une année entière de recherche, illustre bien cette approche. Sur le plan formel,il aborde les notions de plagiat, de piratage et de contrefaçon, tout en traitant, sur le plan conceptuel, de la répartition des richesses, des inégalités sociales et des possibilités et limites de la coopération.
ENMy artistic work combine performative forms and differents mediums depending on the project, and in particular silk-screen print, editions, sound, video, and installation. Most of my practice turn around writing or oral language that already exist in the society. I am very inspired by concrete poetry, «uncreative writing» (Kenneth Goldsmith), living art (music, dance and theatre). Language in use (in the street, on adminis- trative documents, articles, blog, social media, commercial website, from oral conversations, etc.) can reveal by itself so much about how we feel concrete consequences on our daily life from present political phenomenas.
I copy / past / cut / compose / glue / print / read words, signs and images, sounds, rhythms to question political aspects of our daily life : How do we sleep? What are our conditions of work? Do we have access to housing? How social inequalities and determinisms influence our life paths?
I approache these issues reusing texts and writing from different registers. These texts can be read by a performer, screen-printed onto objects, become a transcription for a book, or a voice for a piece of sound art.
Most of the time, I create projects based on my real life experiences that I share with others : the feelings of waitresses-artists, the working conditions of invisible workers, feelings of burnout and extreme fatigue. From the inside, I observe and investigate to reveal issues by giving a voice to those who are rarely heard.
Throughout many of my projects (see Portfolio), I have explored issues of labour and social inequality in various ways. I have approached social determinism (Born in Liège in...︎︎︎), the deterioration of working conditions and the effects of neoliberalism on social protections (Biennale invisible workers︎︎︎), burnout (Dodo Stamp︎︎︎), the precarious situation of artist-waitresses with a double life between low-paid service work and underpaid artistic practice (Paroles de serveuses︎︎︎), and the hidden world of domestic labour among the ultra-wealthy (With utmost discretion︎︎︎).
Working with language, I am interested in the diversity of texts through which we seek information: books, articles, online content, social media posts, testimonies. This perspective also leads me to question the contemporary phenomenon of fake news and the circulation of information in the age of post-truth. My book Parasites, which required a full year of research, is a good example of this approach. Formally,
it engages with notions of plagiarism, hacking, and piracy, while conceptually addressing the distribution of wealth, social inequalities, and the possibilities and limits of cooperation.